Récit de voyage en Equateur
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La carte de l'itinéraire :
JOUR 1 & 2
On ne peut vraiment pas dire que les hôtesses de KLM soient des fainéantes ! Toutes les heures à passer dans les allées avec leurs chariots de boissons, de repas et de duty free. Ce défilé incessant d’élégantes bataves ne s’arrêtera donc jamais ! Après des escales à Amsterdam, Bonaire et Guayaquil (sic !), nous arrivons enfin sur Quito. Le ciel sur la cordillère des Andes est parfaitement dégagé et le survol de l’allée des volcans est absolument époustouflant : Chimborazo, Tunguraha, Cotopaxi, ils sont tous là fièrement coiffés de leurs neiges éternelles.
A peine les bagages déposés à l’hôtel, nous partons à la découverte du centre historique de Quito. Nous arrivons pile à l’heure de la relève de la garde présidentielle qui se produit une fois par semaine sur la Plaza de la Independencia. Les gardes paradent fièrement dans leurs costumes d’opérette sur leurs beaux destriers, sous l’œil amusé de lycéennes en costume visiblement triées sur le volet.
Visite dans la foulée de l’église de la Compañia de Jesus, réputée être l’une des plus belles d’Amérique latine. L’intérieur est quasi intégralement recouvert d’or avec une décoration baroque exubérante. Las ! tous les bijoux et les trésors incas qu’il a fallu fondre et perdre à jamais pour faire la décoration de cette église !
Direction maintenant la Plaza San Francisco où nous nous frottons pour la première fois à la cuisine équatorienne. Dans l’après-midi, petite grimpette au belvédère du Panecillo dominé par une grande statue de la Vierge, où l’on bénéficie d’une belle vue à 360° sur tout Quito et les volcans environnants.
Nous quittons Quito en milieu d’après-midi, direction le Nord en bus, le long de la panaméricaine. Nous arrivons peu avant le coucher du soleil au bord de la magnifique lagune de Cuicocha où est située l’auberge rustique dans laquelle nous passerons la nuit. Magnifique lumière de fin de journée sur l’allée des volcans. Vin chaud à la cannelle à l’apéro (il n’y a que comme cela que le vin équatorien est buvable !)
JOUR 3
Réveil très matinal ( jet lag aidant !) pour profiter au maximum du temps parfaitement dégagé de la matinée. Le refuge rudimentaire dans lequel nous avons dormi n’avait pas fait de double des clés ! Qui donc a claqué la porte en laissant l’unique exemplaire de clés à l’intérieur ? ! ? Il faut bien 20 minutes pour rouvrir la porte au pied de biche ! Enfin prêt pour le petit dej. Les amateurs d’expresso seront à la peine en Equateur où le café a l’improbable goût d’un mélange de robusta brut et de café americano (plus connu sous le nom de « jus de chaussettes ! »)
Première journée de marche à un rythme très tranquille afin de bien s’acclimater à l’altitude. L’idée est de commencer tout doux, pour monter ensuite en puissance progressivement les jours suivants et être fin prêt pour l’objectif final du voyage : l’ascension du volcan Cotopaxi. Nous faisons le tour complet de la superbe lagune Cuicocha, caractérisée par ces petits îlots volcaniques en son centre. Belles orchidées sauvages et flore de montagne tout le long du parcours.
Dans l’après-midi, nous prenons en bus la direction du sud en marquant l’arrêt dans les villages de Cotocachi (artisanat du cuir) et de Péguche (tissages et artisanat d’instruments de musique). Arrivée en fin de journée dans le petit village indien de La Esperanza sur les flancs du volcan Imbabura. Nous allons passons deux nuits en guesthouse, chaleureusement accueilli par une famille quechua. Petit jardin idyllique avec une variété incroyable de fleurs tropicales, ibiscus et fleurs colibris notamment.
Le succulent dîner est l’occasion de découvrir les spécialités de la région. La cuisine des Andes est d’abord basée sur le maïs et les dizaines de variétés de pomme de terres cultivées tout le long de l’allée des volcans. La soupe de légumes dont la fameuse mazamorra (potage épais à base de maïs moulu, de choux et de pommes de terre relevée d’oignons et d’épices) occupe une place de choix dans le repas du soir. Abondance également de maïs frit en pop-corn.
Pour les estomacs solides, tous les plats sont accompagnés par une petite coupelle de salsa picante à base de piments rouges. Les llapin-cachos ou tostadas de maiz (galettes de maïs fourrées au fromage fondu ou à la banane) sont délicieuses. L’équateur est également le paradis des jus de fruits tropicaux mixés au shaker : papaye, fruits de la passion (aya tacso, maracuya, granadilla), ananas, mûres (mon préféré !) sans oublier bien sûr les délicieuses naranjilla et tamarillo (tomates d’arbres). Le climat de l’Equateur étant caractérisé par une saison unique, « un éternel printemps », la plupart de ces fruits sont disponibles tout au long de l’année !
JOUR 4
Ascension du volcan Cubliche culminant à 3850 m. 1ère journée de marche « sérieuse » avec vue superbe sur les neiges éternelles du volcan Cayambe, le 3ème plus haut sommet d’équateur à plus de 5700 mètres d’altitude. Magnifique paysage de cocagne où se mêlent collines verdoyantes et glaciers étincelants des hauts sommets de l’allée des volcans. La silhouette parfaite du Cotopaxi se détache au loin sur la ligne d’horizon. Le sommet du volcan Cubliche est parsemé de petites lagunes dans lesquelles se reflète le patchwork de couleurs des petites parcelles cultivées dévalant des flancs de la montagne.

Retour en fin de journée dans notre guesthouse du village Indien La Esperanza. Nous donnons un petit coup de main à la récolte du maïs qui servira de base au repas du soir. Fin de soirée animée par des chansons populaires des Andes et des danses folkloriques comme celles pratiquées le jour de l’Inti Raymi, la fête du soleil des Incas. Le grog servi à tous les convives à base de rhum « maison » égaye les esprits. Tout le monde se prête au jeu de la danse !
JOUR 5
Nous faisons nos adieux à la famille indienne qui nous a accueilli ces deux jours et prenons la direction en bus du village de Zuleta. Nous chaussons alors nos souliers de randonnée pour rejoindre tranquillement Otavalo à travers les forêts d’eucalyptus, les magnifiques champs colorés de quinoa et les cultures en damier sur les contreforts du volcan Imbabura. Le glacier du volcan Cayambe impose toujours son blanc étincelant dans un ciel bleu azur sans aucun nuage. Il paraît que ce type de temps dépourvu de toute nébulosité est extrêmement rare pour la saison. Nous avons de la chance ! Arrivée en fin d’après-midi dans le petit village de San Pablo et route en bus pour Otavalo, la grande ville de la région.
JOUR 6
Première journée d’ascension d’un sommet de plus de 4000m d’altitude ! Le Fuya Fuya qui culmine à 4263m plus précisément. Le magnifique temps ensoleillé avec un ciel sans nuage que nous connaissons depuis le début du voyage prend malheureusement fin. Le temps de plus en plus couvert nous laisse cependant admirer les magnifiques lacs de montagnes qui entourent le volcan Fuya Fuya : les lagunas Mojanda. La flore de haute montagne est également d’une variété extraordinaire. Un cactus est une véritable attraction au sommet. Des petits équatoriens grimpent sans effort (eux !) jusqu’au sommet.

Longue promenade l’après-midi sur les hauteurs d’Otavalo jusqu’à l’arbre du Lechero (plante sacrée des indigènes) et à travers les petites parcelles de cultures sur les flancs du volcan Imbabura. Traversée ensuite d’une forêt dense par un petit chemin qui conduit à la belle cascade de Peguche. Promenade le soir dans Otavalo et dîner en ville dans un resto ayant le bon goût de passer en musique de fond des chansons du groupe Los Kjarkas !
JOUR 7
Samedi matin, grand jour de marché à Otavalo ! Les indiens affluent de tout le nord de l’Equateur pour venir y écouler artisanats, bétail et toutes sortes de denrées alimentaires ! Le marché aux bestiaux est impressionnant avec tous ces cochons, vaches, moutons, lamas, poussins et poules à foison ! Le prix du cochon se marchande fermement entre les protagonistes de la foire aux bestiaux. La partie du marché réservée aux fruits & légumes est un festival de couleurs ! Bien difficile de mettre un nom sur la plupart des fruits tropicaux tant il y en a de multiples sortes !

Le passage dans les allées des boucheries n’est pas à conseiller aux végétariens sensibles à la cause des animaux ! Les cochons énormes sont dépouillés aussi facilement que des petits lapins et allègrement dépecés. Il y a même la possibilité d’en déguster sur place dans les multiples gargotes installées sous les halles au cœur du marché. Le marché d’Otavalo est vraiment le lieu de rassemblement des différentes cultures indiennes de la région, reconnaissables à leurs différents chapeaux et tuniques colorées.
L’achat d’un chapeau Panama de qualité est presque une affaire d’expert ! heureusement que Fausto est là pour me conseiller et m’aider au marchandage, toujours de rigueur. Les chapeaux sont en effet d’une qualité très variable, et s’ils semblent tous magnifiques sur les étales du marché, ils n’auront pas tous la même allure après avoir été roulés en boule au fond du sac de voyage !
Route en bus pour Quito en fin d’après-midi. Arrivée en début de soirée au cœur du quartier moderne de la capitale. C’est vraiment la fièvre du samedi soir sur la place Mariscal Foch et dans les rues adjacentes ! Toute la jeunesse dorée équatorienne s’y donne rendez-vous autour d’un Pisco Sour pour bien commencer la soirée… et s’enivrer avant la journée de dimanche où toute forme d’alcool est interdit à la vente dans la capitale.
Concert de rock quechua au restaurant et délicieux fruits de mer frits, puis dernière petite ballade dans les rues animées de Quito.
JOUR 8
A peine sortie des faubourgs de Quito, la route grimpe rapidement dans la montagne en direction du volcan toujours actif Guagua Pichincha culminant à 4794 m. Magnifique vue dans la montée en bus sur le volcan Cotopaxi cerné par les nuages. La caravane de randonneurs s’étire pendant la montée au refuge du Pichincha.
Malheureusement, le temps se couvre rapidement et les nuages deviennent très envahissant avant notre arrivée sur les bords de l’immense cratère. Le mauvais temps ne nous permet pas de voir grand chose au sommet… Même au cœur de la saison sèche, la nébulosité est très importante en Equateur. Vent glacial sur le chemin de crête qui longe les bords du cratère.
Une éclaircie éphémère nous laisse entrevoir l’impressionnante moraine du Pichincha, un paysage fantastique du bout du monde ! En fin d’après midi retour sur la route et nous prenons la direction du Sud sur la panaméricaine. Nuit dans une petite auberge en pleine cambrousse au milieu de nulle part au cœur de l’allée des volcans, au pied des Ilinizas. P’tit apéro maison.
JOUR 9
Le mauvais temps ne va pas nous quitter de la journée ! La montée au refuge du volcan des Illinizas se fait dans un brouillard épais et même sous quelques flocons glaçants. Nous distinguons à peine la moraine du volcan en contrebas du chemin de crête que nous gravissons. La superbe vue sur le volcan Cotopaxi situé juste en face ne se découvrira jamais … C’est au moins un bon entraînement pour l’ascension prochaine du Cotopaxi car nous montons quand même jusqu’à 4750 m d’altitude. Route pour la grande et triste ville de Riobamba en fin d’après midi. Coupure générale d’électricité dans la ville mais heureusement cela ne dure pas !
JOUR 10
Le temps du matin est très couvert et rend l’humeur un peu morose : un 3ème jour consécutif sans voir grand chose des beaux volcans d’Equateur ? La route pour le Chimborazo s’élève rapidement sans qu’on s’en aperçoive si ce n’est le changement de végétation. A partir de 4000 m d’altitude, la route continue dans un décor purement minéral et l’on aperçoit dans la brume qui nous entoure de nombreux troupeaux de vigognes.
Nous perçons miraculeusement l’épaisse couverture nuageuse vers 4 500 mètres d’altitude. Et la superbe face sud du volcan Chimborazo 6 210m se dévoile progressivement. Un magnifique mur de glace parsemé d’innombrables séracs. Le temps dégagé nous permet de monter jusqu’aux aiguilles de Whymper à 5 300 mètres d’altitude, pics rocheux acérés cernés par les neiges éternelles. Le vent sur le chemin est extrêmement violent et il a parfois des bourrasques à faire tituber un colosse !
La redescente vers le refuge se fait sous une météo assagie. Ah ! le luxe d’une soupe bien chaude pour le déjeuner !. Le temps redevient vite exécrable dans l’après-midi. Quelques troupeaux de vigognes et de lamas se frayant un chemin dans les herbes grises et ocres de la pampa avant le retour dans la brume et les nuages …
Nous quittons maintenant la cordillère des Andes, direction Baños et les portes de l’Amazonie. Nous basculons en un rien de temps du désert minéral de la Sierra à l’enfer vert de l’Amazonie. La végétation devient de plus en plus exubérante. La route s’enfonce en longeant un canyon aux versants recouverts d’une épaisse forêt humide. Entre deux nuages, on aperçoit fugitivement les fumerolles et les neiges éternelles du volcan actif Tungurahua.
Baños se révèle une ville charmante, surtout en comparaison de toutes les autres petites villes plutôt lugubre d’Equateur. Il fait bon flâner dans ses rues animées à la tombée de la nuit. Nous sommes aux portes de l’Amazonie. Crêpes bretonne au dîner !
JOUR 11
Cette journée d’excursion à Baños permet de découvrir des paysages verdoyants et luxuriants fort différents des altitudes arides et austères de l’Altiplano Andin. La route qui descend lentement des contreforts de la Sierra jusqu'aux profondeurs de l’Amazonie est ornée d’une série de majestueuses cascades. Le passage d’une rive à l’autre du canyon se fait au moyen spectaculaire de nacelles suspendues dans le vide et approchant au plus près des remous tumultueux des cascades gorgées par les pluies de ces derniers jours.
Promenade dans la forêt primaire et observation d’un flore tropicale exceptionnelle. Impressionnant pont suspendu au niveau de la cascade dite du « chaudron du diable » !
Retour sur Baños pour le déjeuner. L’après-midi devait être réservée au farniente pour bien se reposer avant le départ pour le Cotopaxi. Mais le beau temps revenu me pousse à faire une petite grimpette au mirador de la vierge qui surplombe toute la ville de Baños lovée dans son écrin de verdure.
17H voici venue l’heure de faire la tournée des magasins de trekking pour louer le matériel de haute montagne nécessaire à l’ascension du Cotopaxi : piolet, crampons, chaussures « cramponables », baudrier, surmoufles, masque de ski … Pour une poignée de dollars, on a tout le matériel à disposition ! Le choix le plus délicat est celui des chaussures cramponables. Jamais essayé auparavant. Celles disponibles sont presque aussi confortables que des chaussures de ski ! On fera avec …
A la nuit tombée, direction la piscine thermale qui constitue la principale attraction de Baños. Que du bonheur ! La piscine est en large majorité fréquentée par les locaux. C’est animé et très convivial, on se retrouve tout serré dans des petits bassins chacun de température différente. Hypocondriaque de l’hygiène s’abstenir ! mêmes si l’ensemble paraît relativement propre. On commence avec un bain à 37°C, suivi d’un bain d’eau froide et retour enfin dans un bain à 42°C ! Super relaxant ! On y passe une bonne heure sans déplaisir.
La journée devait se terminer en beauté par la dégustation d’un cochon d’Inde grillé. Celui de Cuzco m’avait laissé un souvenir impérissable. Las ! le cochon est ici tout rachitique et il n’a plus que la couenne et les os à ronger ! Qui a tout sifflé ? mystère mystère … Je ne suis malheureusement pas mes 2 compères dans la tournée des bars de Baños. L’objectif imminent du Cotopaxi m’impose une cure stricte ! (soupir)
JOUR 12
Départ de Baños dans la matinée. La route remonte rapidement vers les hauteurs de l’Altiplano et la température se rafraîchit subitement. En à peine quelques dizaines kilomètres, nous passons des prémisses de l’Amazonie aux cimes enneigées des volcans des Andes, de 1800 à 4500 mètres d’altitude ! Le volcan Cotopaxi reste toujours enfermé dans son anneau de nuages qui ne l’a pas quitté depuis maintenant une bonne semaine. La base du volcan et sa moraine aux couleurs flamboyantes sont cependant bien visibles. La lisière des nuages remontant, on aperçoit même de plus en plus distinctement au fur et à mesure de notre approche les langues glaciaires descendant des flancs du volcan
Nous laissons le 4*4 au terminus de la route à 4 500 mètres d’altitude. La montée au refuge est un bon entraînement pour ce qui nous attend demain ! Montée courte mais harassante sous le poids de notre gros sac à dos (il faut amener la nourriture pour les prochaines 24 H, le duvet et le matériel de haute montagne : piolet, crampons …). C’est lourd ! Les chaussures de marches cramponables sont aussi légères que des chaussures de ski … et la piste raide et sablonneuse ralentie notre progression.
C’est avec bonheur que l’on se débarrasse enfin du sac à dos en arrivant au refuge. Une bonne soupe pour le déjeuner ainsi que des fruits.
En début d’après-midi, départ pour « l’école de glace ». Nous atteignons le bout du glacier en une vingtaine de minutes. Une fois sur la glace, c’est le moment de pratiquer des petits exercices fort utiles pour qui (comme moi) n’a jamais fait de marche sur glacier : apprendre à chausser les crampons, à monter une pente de glace inclinée à 50° selon différentes techniques (en canard, en escalier …), puis à la redescendre ! Tout cela rappelle les 1ères sensations de l’apprentissage du ski alpin. Notamment lorsque au moment de tourner … il faut se mettre un moment les pieds face à la pente ! Les exercices suivant consistent à s’entraîner à des petits sauts de crevasses (des fausses … pour aujourd’hui ! ), puis à savoir « chuter » avec le piolet (tout un art …).
Finalement tout ceci se révèle assez facile et contribue à lever une bonne part des appréhensions que j’avais à randonner sur la glace. Une bonne mise en confiance pour l’ascension du lendemain !
Les conditions météos sont en plus devenues optimales dans le courant de l’après-midi : plein soleil sur le glacier et le sommet du Cotopaxi maintenant parfaitement dégagé ! De bonne augure pour demain ? On traîne un peu sur le chemin du retour vers le refuge, histoire de profiter de ce beau temps providentiel.
Dîner à 6H : une bonne soupe et des sucres lents : « pâtes à la Cotopaxi ». Le mal des montagnes n’a toujours pas fait son apparition… Mais mieux vaut être prudent alors je reprends une dernière fois un petit cocktail aspirine-paracétamol-diamox (non non ce n’est pas le « pot belge » !). Et puis surtout, boire sans relâche de l’eau (et rien que le de l’eau ! ! !), même en l’absence de sentiment de soif. Il faut en être gorgé comme une éponge, et tant pis pour les aller-retours au petit coin à répétition ! C’est en effet un des moyens essentiels pour contrecarrer les effets de la raréfaction de l’oxygène dans l’organisme. A 7h du soir, tout le monde au dodo dans son duvet .
Difficile de trouver le sommeil dans ce refuge où l’on dort à plus de 10 dans des pièces remplies de lits superposés sur 3 niveaux. Un p’tit coup de cantates de Bach au MP3 …. Finalement un sommeil léger fini par arriver.
JOUR 13
Minuit. Voici venue l’heure H du jour J ! Les guides viennent de nous réveiller pour le petit dej’. Pas très faim ce matin… L’altitude et la petite adrénaline de ce qui nous attend noue bien l’estomac. Et puis minuit, c’est pas une heure pour savourer des croissants ! L’essentiel est d’avoir fait le plein de sucres lents la veille. Nous voilà donc à 1h du mat’ fin prêt pour partir, les sacs sur le dos. Tout le monde dans le groupe n’est pas au mieux de sa forme : la tourista et le mal des montagnes en mettent quelques-uns uns mal en point dès le départ. Mais la motivation est unanime.
Le début de la progression est très lente et nous mettons un bon moment (plus que prévu) pour atteindre les bords du glacier. Un premier abandon à ce niveau là. Ne reste plus pour continuer que 2 guides pour 5 valeureux montagnards en herbes. La forme physique est importante mais le mental joue beaucoup : on ne voit pas grand chose autour de nous dans l’obscurité de la nuit. La lumière de la lampe frontale éclaire à peine les séracs qui nous entourent.

Petite montée d’adrénaline vers 3h du matin au moment du passage des premières crevasses sur des petits ponts de neiges. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut des guides de montagnes d’expérience pour reconnaître son chemin au milieu de ce labyrinthe glaciaire dans l’obscurité de la nuit et la brume des nuages ! Car le mauvais temps accompagne notre ascension : un vent froid et glaçant transportant de petit flocons de neiges. Toujours dans un bon état de forme, je me mets en 1er de cordée derrière le guide, mais certains de mes camarades de cordée commencent à montrer des sérieux signes de grosse fatigue. Le « soroche » fait des dégâts.
Vers 6h du matin, les premières lueurs de l’aube pointent au-dessus de nos têtes. Le mauvais temps semble persister. La progression de notre caravane encordée est trop lente pour espérer atteindre le sommet dans les temps et la fatigue se fait sentir pour beaucoup. C’est donc l’heure du choix, et d’une ultime modification de cordée. Alors que tous mes compagnons préfèrent opter pour la redescente avec un des guides, je choisis de persévérer et de continuer l’ascension avec le dernier guide.
La dernière partie, la plus coriace du fait de l’inclination de la pente se fait sur les chapeaux de roues. Le rythme lent de la montée jusqu’à la séparation du groupe a permis opportunément d’économiser les forces pour l’ultime portion d’ascension.
C’est alors que le « miracle » se produit. Le vent cesse, la luminosité au travers du nuage devient de plus en plus intense jusqu’à ce que soudain … apparaisse le ciel bleu ! A force de monter et de monter encore, la couverture de nuages a enfin été percée et nous nous retrouvons au-dessus de la mer de nuages ! 5 750 m d’altitude. Plus que 150 m ! Au bout d’un impressionnant et vertigineux petit chemin en corniche, le sommet apparaît dans la ligne de mire. L’ascension n’est effectivement pas technique mais il y a quand même quelques petits passages où les personnes sujettes au vertige doivent serrer les fesses !
Une ultime bosse et voilà le sommet. 5 897 m ! Il est 7h30. L’impression d’être sur le toit du monde ! sur le seul iceberg de glace flottant au-dessus de la mer de nuages. L’empilement de 36 couches de vêtements n’est pas du luxe ! La couche extérieure est complètement gelée dans la glace. Mais le cratère au-dessus des nuages… sublime !
Séance photo ultra rapide (je vous dis pas la température là haut !). Il faut déjà reprendre le piolet pour la redescente. En effet il s’agit de ne pas trop traîner car la neige va vite changer d’aspect et se ramollir sous l’effet du soleil. Les crampons adhéreront alors de moins en moins dans la glace et la descente risque de devenir glissante. Mais surtout, ce sont les passages sur les petits ponts de neige des crevasses qui risquent de devenir problématique ! Pas de temps à perdre donc.

La descente se fait lentement mais sûrement. De nombreuses petites pauses, pour reposer les genoux, reprendre son souffle mais surtout admirer le paysage glaciaire époustouflant qui était resté dissimulé dans l’obscurité de la nuit lors de la montée. Séracs et crevasses, profonds canyons de glaces, murs entiers de stalactites gigantesques ! On retrouve finalement l’épaisse brume des nuages quelques centaines de mètres plus bas. Cette fois les crevasses sont bien visibles ! Ouf, la dernière est franchie sans problème.
En l’espace de 2h de descente, nous voici revenu à la frontière glacier / moraine à 5000 mètres d’altitude. Les 200 derniers mètres de dénivelés sur la moraine jusqu'au refuge sont finalement les plus éprouvants : jambes épuisées et lourdes, sol sableux glissant avec les chaussures cramponables. Je suis claquer Ouf ! le refuge est rapidement en vue. I did it !
Retrouvailles avec le reste du groupe, thé chaud. Humm, moment savoureux de détente après l’effort ! Sentiment étrange mêlé d’excitation et de grosse fatigue.
Redescente jusqu’au terminus de la route où nous reprenons le bus direction Quito. Les sièges du fond sont libres. L’occasion rêvée de s’y étaler pour faire une sieste dans le duvet ! Je ne vois pas passer la route qui nous ramène d’un rien sur Quito dans l’après-midi.
Détente bien méritée dans un hammam de la ville moderne. Nous fêtons ensuite la fin de notre trek en Equateur au champagne, pisco sour et vins sud-américains dans les bars de la ville du côté de Marescal Foch. L’abstinence d’alcool depuis plus d’une semaine pend fin en ce dernier soir de voyage. Le tout accompagné d’un succulent Bife de Chorizo saignant pour refaire le plein de protéines !. Malgré la fatigue, l’excitation de l’ascension successful du Cotopaxi ne permet pas de trouver facilement le sommeil. Surtout que la nuit de Quito en ce vendredi soir et très animée et bruyante !
JOUR 14 & 15
Dur dur le réveil à 5H30 du mat’ ! Mais il ne s’agit pas de rater l’avion de retour vers la douce France …
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